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Déterminants d’inégalités sociales de santé

De manière générale, les déterminants sociaux d’inégalités de santé sont relatifs au niveau global de prospérité et de mécanismes de protection et de solidarité d’un pays ou d'une région. Ces caractéristiques ont un impact sur le niveau de santé de la population générale et créent les inégalités territoriales.

 

Whitehead and Dahlgren (2006) distinguent 5 mécanismes qui donnent lieu à des inégalités sociales de santé. Cliquez sur ce lien (pdf).

 

  1. La différence de pouvoir et de ressources dont on dispose pour vivre sainement (par ex. un niveau de formation peu élevé)

    Les groupes appartenant à des couches sociales élevées ont en général plus de pouvoir et de chances d’avoir une vie saine que les personnes appartenant à des couches sociales moins élevées. En réduisant les différences de formation et de revenu entre des groupes socioéconomiques, par exemple, on peut aussi réduire les différences en santé, précisément parce qu’on donne aux groupes plus faibles davantage de pouvoir et de chances d’éviter des conditions de vie et de travail malsaines.

     

  2. La différence de niveaux d’exposition aux risques pour la santé (par ex. un environnement de travail nocif pour la santé)

    Moins élevée est la position sociale, plus élevée sera l’exposition à des facteurs de risque (matériels, psychosociaux et comportementaux) et plus élevés seront les risques d’avoir des problèmes de santé.

     

  3. Le même niveau d’exposition génère un impact différent

    La différence d’impact sur la santé peut être imputée au fait que les groupes défavorisés ont plus de chances d’être exposés en même temps à différents facteurs de risque se renforçant mutuellement : bas revenu, mauvais logement, consommations abusives, obésité… Il convient dès lors de tenir compte de l’imbrication complexe de ces différents facteurs de risque.

    Un exemple: en Suède, des degrés similaires d’abus d’alcool conduisent à deux à trois fois plus de maladies et de blessures liées à l’alcool chez les ouvriers que chez les employés. Cette différence d’impact s’explique par des modes de consommation différents ainsi que par la présence et la nature éventuelle de soutien social. Dans ce cas, il ne suffit pas d’agir au niveau de la demande et de l’offre d’alcool ; pour réduire cette inégalité, il faudra s’intéresser aussi à l’environnement social, culturel et économique. Cliquez sur ce lien.

     

  4. L’impact sur le parcours de vie

    Tous les facteurs susmentionnés peuvent avoir un effet cumulatif au cours de la vie d’un individu, du fait qu’ils surviennent les uns après les autres et s’influencent mutuellement. Ces effets sur le parcours de vie peuvent en outre être transmis des parents aux enfants. Ainsi, la position sociale des parents détermine dans une large mesure les prestations scolaires des enfants, qui à leur tour déterminent les conditions de travail et les échelles salariales ultérieures. Certains facteurs de risque se transmettent aussi de génération en génération. Le fait par exemple que les femmes issues de classes sociales inférieures fument plus fréquemment durant leur grossesse peut expliquer en partie pourquoi on enregistre dans les groupes socioéconomiques moins élevés un nombre plus élevé de bébés au poids trop faible à la naissance. Ce qui à son tour augmente les risques, lorsque ces bébés grandissent, de maladies cardiaques coronaires, d’attaques, d’hypertension et de diabète.

     

  5. La différence d’effets sociaux et économiques de la maladie

    Une mauvaise santé peut avoir des répercussions très négatives pour des individus: un revenu moins élevé, ou même la perte d’un emploi, des dépenses accrues pour les soins de santé, l’isolement social, l’exclusion pour cause de chômage ou la restriction des activités quotidiennes. Toutes ces conséquences négatives de la maladie peuvent donner lieu à une spirale descendante qui ne fait que nuire davantage à la santé.

    Les personnes au statut socioéconomique faible sont en général moins bien protégées contre ces conséquences négatives. Une étude a montré par exemple que des personnes de couches socioéconomiques élevées, qui connaissent des problèmes de santé, ont plus de chances de garder leur emploi que des personnes issues de couches socioéconomiques moins élevées présentant des problèmes de santé similaires.