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Stratégies d’intervention

Les interventions visant à réduire les inégalités sociales de santé peuvent se répartir en quatre catégories (Whitehead, 2007). Ces interventions s’inscrivent dans les stratégies de promotion de la santé proposées par l’Organisation Mondiale de la Santé dans la Charte d’Ottawa (1986). Cliquez sur ce lien (pdf).

 

  1. Renforcer les capacités et les compétences des individus

    On utilise pour cela des démarches s’adressant à des personnes et qui se concentrent sur les connaissances, les attitudes, les aptitudes et/ou la motivation individuelle. Campagnes d’information (santé), programmes en groupe pour acquérir certaines aptitudes, soutien personnel, accompagnement et apprentissage sont quelques exemples de cette approche. La manière d’atteindre le but (encourager à arrêter de fumer, par ex.) peut combiner plusieurs approches : de campagnes médiatiques massives à des programmes scolaires en passant par des séances d’aide pour arrêter de fumer. Le but est toujours l’éducation et le soutien des individus. Il ne s’agit pas tant d’éliminer les lacunes des personnes que de soutenir leurs atouts et de supprimer les barrières qui font obstacle au développement de ces atouts. L’information et l’éducation deviennent les moyens utiles pour être en capacité de faire des choix.

     

  2. Renforcer des communautés

    Ces interventions visent les communautés en renforçant la cohésion sociale et le soutien mutuel. Il s’agit d’amener les acteurs communautaires (élus, professionnels, décideurs institutionnels et habitants) à participer à des initiatives qui leur permettent collectivement de fixer des priorités qui augmentent et protègent leur santé, leur bien-être et leur qualité de vie, qu’ils peuvent ensuite mettre oeuvre eux-mêmes et placer à l’agenda politique.

     

  3. Améliorer les conditions de vie et de travail

    Cette troisième catégorie englobe tant les initiatives qui améliorent les conditions de vie et de travail des personnes que les initiatives qui améliorent l’accès à des biens et des services essentiels (alimentation, enseignement, logement, aide sociale, soins de santé, …). Il s’agit de viser au développement d’environnements sains et favorables à la santé.

     

  4. Promouvoir des mesures politiques favorables à la santé

    Ces interventions visent à modifier l’environnement macro-économique ou culturel afin de lutter contre la pauvreté et les conséquences négatives des inégalités sociales sur la société. Il s’agit ici de mesures qui garantissent certains droits tels une politique macro-économique et de l’emploi favorable à la santé, l’encouragement de valeurs culturelles visant à promouvoir l’égalité des chances. Ce que toutes ces mesures ont en commun, c’est le fait qu’elles sont intersectorielles et qu’elles s’adressent à l’ensemble de la population. Elles se concrétisent en des textes législatifs et des normes. Contrairement à plusieurs interventions dans la catégorie 1 et 2, ces mesures ne s’adressent pas spécifiquement à des groupes ou à des régions défavorisés, ou ne se limitent pas à certains secteurs comme les interventions de la catégorie 3. Mais, par leur caractère universel et à condition qu’elles soient accessibles par tous, ces mesures ont un impact important et durable.

     

Lutter efficacement contre les inégalités sociales de santé, nécessite un plan politique global intégrant les différents niveaux d’intervention et la mobilisation des différents secteurs concernés.